Être homme au temps de l’identitaire

La parole assassinée dans le passage à l’acte
Activité de formation continue en psychothérapie reconnue par l’Ordre des psychologues du Québec – No de reconnaissance : RA02784-18 (7 heures)
Jose Cardoso cries in front of a makeshift memorial for UCSB student Christopher Michael-Martinez in Isla Vista
Santa Barbara, Californie, 25 mai 2014 – Crédit: Lucy Nicholson—Reuters

La démultiplication des passages à l’acte spectaculaires, comme celui du Centre culturel islamique de Québec ou ceux d’avril et de juillet 2018 à Toronto, interpelle le clinicien, tant à titre de citoyen qu’à titre de professionnel de la santé mentale. À travers l’horreur de ces tragédies relayées en gros titres dans les médias, des questions récurrentes prennent le devant de la scène : Pourquoi? Aurait-on pu prévenir l’irréparable? Aurait-on pu intervenir en amont? Les services psychologiques sont-ils suffisamment accessibles?

En réalité, que peut le clinicien, garant de la nature même de ces services? Qu’a-t-il à offrir à une société qui l’interroge sur le traitement psychologique préventif? Quelle explication peut-il proposer au sujet des mécanismes psychiques à l’œuvre dans ces actes insensés qui sont presque exclusivement posés par de jeunes hommes?

Nous convions psychologues, psychothérapeutes et étudiants en psychologie intéressés par ces questions à une journée de formation et de réflexion cliniques.

PROBLÉMATIQUE

Dans le cadre confidentiel des cabinets de consultation, en filigrane de leurs préoccupations amoureuses et professionnelles, de leur difficulté à être père, à trouver leur place, de leurs symptômes incompréhensibles et de leur détresse confinant à l’impasse, de nombreux hommes semblent élaborer une question: ‘Qu’est-ce qu’être un homme’?

Les hommes sont sur-représentés dans les passages à l’acte suicidaires et homicidaires. Au-delà de la « difficulté à demander de l’aide », qu’on leur dit propre, le passage à l’acte peut-il être entendu comme un message adressé au monde? En accordant une place centrale à la parole/écrit de l’auteur d’un acte violent, en tant que sujet irrémédiablement lié au contexte social dans lequel il vit, quels enseignements peut-on tirer de l’analyse des passages à l’acte qui se succèdent à la Une des journaux? Il s’agit, pour le clinicien, de faire le pari qu’il y a là quelque chose à entendre qui pourra le renseigner sur la détresse des hommes qu’il côtoie dans sa pratique.

C’est ce pari que nous faisons, en tentant d’élaborer des éléments de réponse à ces questions à partir du journal intime d’Elliot Rodger, tel qu’il l’a légué dans les vidéos et écrits expliquant la genèse  des gestes qu’il a posés.

Comme l’ont démontré les études sur les répercussions de la médiatisation de passages à l’acte (suicides, meurtres intrafamiliaux, etc.), la rumeur sociale peut agir sur la symptomatologie et accentuer des détresses individuelles. Aussi, bien que le travail psychothérapique se déroule dans un cadre privé et dans le respect de la parole singulière, le psychothérapeute doit aussi être attentif à ce qui se dit à propos de ces irruptions de réel dans le discours courant, l’analyser et offrir une écoute qui tient compte de la façon unique dont les patients en sont parfois intimement interpellés.

CONTENU CONCEPTUEL

  1. La prise en compte de l’explication du sujet violent – Intérêts et enjeux éthiques;
  2. Les passages à l’acte violents (spectaculaires) et le discours psychologique dans les médias;
  3. Comprendre l’incompréhensible: des repères pour analyser le passage à l’acte;
  4. La triade symbolique/réel/imaginaire;
  5. L’identité sexuée et son inscription dans le social;
  6. L’impact du passage à l’ace violent et la cristallisation de groupuscules masculins;
  7. Le psychologue clinicien avec des gens susceptibles de passer à l’acte.

CLIENTÈLE

Cette formation s’adresse aux psychologues, psychothérapeutes et étudiants en psychologie intéressés par la dynamique du passage à l’acte, les mécanismes inhérents aux processus d’identification, la détresse masculine individuelle et son inscription dans le social.

Elle requiert une bonne connaissance de l’anglais, un intérêt pour les questions sociales et d’actualité, ainsi qu’une affinité avec la psychanalyse et la psychodynamique du travail dont s’inspire largement le mode d’analyse proposé.

Dans la mesure où les contenus abordés sont particulièrement délicats au vu du contexte actuel, la formation est strictement réservée aux personnes ouvertes et sensibles aux questions touchant à la subjectivité des auteurs de passages à l’acte violents. 

 

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